Je me suis inscrite il y a quelques mois sur Babelio pour pouvoir échanger avec d’autres lecteurs, trouver d’autres styles de lecture et découvrir de nouveaux auteurs. Cela m’a permis de participer à ma première « Masse critique ». Plusieurs fois dans l’année, il nous est proposé plusieurs romans de style différent. On s’inscrit et on choisit plusieurs romans qui nous plaisent. Si on est tiré au sort, une fois le livre reçu, on doit le lire et laisser une critique avant un mois. Plusieurs romans me plaisaient et notamment celui de Mathieu Janin. J’ai eu la surprise d’être retenue et de recevoir ce roman. Je ressors assez mitigée par cette lecture.

Le 4e de couverture :

Chaque jour, des délinquants multirécidivistes terrorisent nos citoyens. Qu’ils soient prévenus : l’impunité, c’est terminé. » Jean-Jacques Vautier, Discours de campagne présidentielle 2017. Le député-maire de Bezous-sur-Seine, pourfendeur du laxisme de la justice, héraut du tout sécuritaire, est qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle avec des sondages extrêmement favorables. Un grain de sable de vingt ans à peine met en péril ce rêve sur le point de se réaliser. Mohamed Ben Kader, un petit délinquant de Bezous, est en garde à vue pour un banal trafic de cigarettes. Contre toute attente, il demande la protection des flics et raconte. La frontière entre fiction et réalité n’a jamais été aussi ténue.

Nous sommes à une semaine du second tour des élections présidentielles de 2017. Jean-Jacques Vautier, député-maire de Bezous-sur-Seine, est largement donné favori pour gagner cette élection. Mais des secrets sur l’administration de sa commune pendant ses mandats de maire ainsi que les activités artistiques de son père commencent à lui faire de l’ombre. Un journaliste de Bézous essaie de faire la lumière sur toutes les magouilles qui ressortent et qui semblent en lien avec l’enquête policière sur les meurtres et les disparitions de plusieurs jeunes de la banlieue de Bézous. Tout cela a-t-il un lien avec Vautier ou est-ce un coup monté pour lui faire perdre l’élection ?

Je trouve que ce livre est plus conçu comme un livre enquête que comme un véritable roman. C’est une bonne idée de la part de l’auteur de nous faire avancer en égrenant les chapitres en fonction du décompte des jours avant le 2e tour et de finir par un épilogue le jour de l’élection. Cela permet de maintenir un certain rythme à l’intrigue et aux différents évènements qui jalonnent cette fin de campagne présidentielle. L’enquête de police ainsi que celle du journaliste sont assez bien menées et assez raccord avec la réalité. On y retrouve des flics ripoux et des journalistes véreux, un duo qui est parfait pour ce genre de roman avoisinant la réalité tout en étant une fiction. Le vocabulaire et le style sont bien choisis et agrémentent la lecture.

Cela m’a permis de continuer alors qu’au départ, je ne pensais pas aller au bout de ma lecture. Il y a plusieurs raisons à cela.

Le début du roman est lent avec trop de personnages évoqués en peu de pages. Du coup, je me suis perdue à plusieurs reprises pendant les 100 premières pages. Je ne savais plus si tel ou tel personnage était encore en vie ou si il était déjà mort. C’était déstabilisant.

J’ai eu beaucoup de mal avec le nom du journaliste… Nikos Aliagas… Pourquoi avoir appelé ce personnage ainsi ? C’est très perturbant, car j’ai passé mon temps à faire le parallèle avec le présentateur télé. Si c’était pour faire un peu d’humour par rapport à son nom et que toutes les personnes qui le rencontrent dans le roman en fassent aussi, je trouve qu’il y avait d’autres moyens d’y parvenir.

Ce roman est aussi que ce roman est rempli de clichés. Le parti politique mis en cause et son candidat en prennent pour leur grade tout le long du roman : ils trafiquent les comptes, ils ont fait des choses que la morale réprouve pour arriver à ce niveau dans la hiérarchie politique, le candidat qui va devenir président couche avec toutes les filles qui le veulent bien. Clichés aussi pour les personnes qui sèment plus ou moins le chaos dans la ville de Bézous. Ce sont tous des enfants ou petits-enfants d’immigrés. Cela me gêne énormément, car, à si peu de mois avant la prochaine élection présidentielle, je ne suis pas sure que cela soit une bonne chose d’écrire ce genre de propos.

J’aurais plus apprécié ma lecture si l’intrigue s’était passée dans un pays dont je ne connais pas vraiment la politique ou dans un pays imaginaire. J’aurais moins facilement fait de liens avec ce qui se passe actuellement en France et ma lecture en aurait été que meilleure.

Mais c’est un excellent premier roman qui, une fois passés ces petits problèmes de lieux et de personnes et de clichés, devient un bon moment de lecture. Je suis contente d’avoir pu découvrir cet auteur et d’avoir lu un roman contemporain et/ou d’anticipation. Qui sait ?

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