Comme je vous l’ai déjà dit dans un article précédent, j’ai découvert Ingrid Desjours lors du Quai du Polar en avril 2015. J’ai déjà fait la chronique de « Potens » et aujourd’hui je vous parle du deuxième roman que j’ai lu, « Sa vie dans les yeux d’une poupée ».

Le 4e de couverture :

« Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des mœurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d’une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Ému. Au point de croire de nouveau en l’avenir. Mais il est aussi persuadé qu’elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu’il traque. Et s’il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s’ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d’une poupée. »

Marc Pérolès, Capitaine de Police, revient dans son commissariat après plusieurs mois d’absence suite à un accident de voiture. Il a été gravement blessé, a perdu une partie de sa jambe et est resté plusieurs semaines dans le coma. Sa femme est morte dans cet accident.

Plus rien n’allait entre eux depuis quelques mois. Tous ses collègues pensent qu’il se sent responsable de l’accident et de la mort de sa femme et que c’est pour cela qu’il est triste. Mais s’il est dans cet état, c’est parce qu’il ne supporte pas de se sentir diminué physiquement et surtout avec ce qu’il a vécu avec sa femme, il ne croit plus à l’amour. Il essaie plus ou moins de se suicider en jouant à la roulette russe quand il rentre chez lui le soir. Son supérieur et ami Ange Gardeni le mute pour quelque temps à la Brigade des mœurs pour qu’il retrouve une call-girl qui énucle certains de ses clients avant de passer à la vitesse supérieure et de finir par les tuer.

Durant cette enquête, il croisera Barbara, jeune femme de 24 ans, esthéticienne, qui vit toujours avec sa maman devenue aveugle il y a des années à cause de son diabète. Elle n’a pas eu une vie facile depuis son enfance, et encore moins après le départ de son père, mis à la porte par sa mère et qui a reporté toute sa colère et son amertume sur Barbara. Suite à un traumatisme de plus, Barbara sombre petit à petit dans la folie.

Mais est-elle vraiment la personne que pourchasse Marc ?

Ce roman est un peu différent de « Potens » du même auteur même s’il s’agit d’un roman policier. Je le trouve plus noir, plus intense avec une touche psychologique plus prononcée. On se rend compte rapidement que tout ne va pas bien se terminer pour Barbara, car elle sombre dans une profonde dépression qui a pour origine un traumatisme vécu dans son enfance ainsi que celui vécu quelques jours plus tôt dans un parc. Il y a aussi un caractère plus ou moins héréditaire à son problème psychologique que l’on découvre au fil des pages.

Son déni de grossesse et la naissance surprise de son fils, sa rencontre avec Raoul, qui lui tiendra lieu de petit ami ne feront qu’amplifier sa folie. Et Barbara rencontre Barbie, qui se prostitue et détrousse d’abord ses clients puis peu à peu la violence prend ses droits et elle finit par les énucléer puis enfin par les tuer. L’amour que porte Barbara à ses poupées de porcelaine ainsi que les conversations qu’elle tient avec ces objets n’arrangent pas la situation.

Sa rencontre avec Marc Percolès va sembler l’apaiser un moment, car elle ressent pour lui un amour qu’elle n’avait jamais ressenti pour personne, à part son fils. Mais elle ne sait pas qui est vraiment Marc, car il s’est présenté à elle sous un faux prétexte au salon où elle travaille. Bien que menant son enquête, il ne peut s’empêcher de ressentir des sentiments pour Barbara. Il a l’impression qu’elle pourrait l’aider à « revivre ». Ce qu’il va découvrir chez elle va dépasser tout ce qu’il avait pu imaginer.

Ingrid Desjours sait bien poser les mots pour nous expliquer une action, pour nous plonger dans un monde de tristesse et de vies particulièrement difficiles. On ne peut être que touché par ces deux écorchés de la vie que sont Marc et Barbara et on souhaiterait qu’ils s’en sortent sans trop de casse à nouveau. Mais on se doute bien que cela risque d’être compliqué, voir même impossible vu ce qu’ils ont traversé et ce qu’ils vivent encore.

Le style est fluide, sans nul besoin de fioriture. Ici les mots sont crus, bruts de décoffrage et il ne fallait pas qu’il en soit autrement pour rendre ce roman aussi poignant et quelque part aussi dérangeant, car on assiste sans pouvoir rien faire à la descente aux enfers de Barbara et on se doute bien qu’elle va y entrainer Marc.

Malgré ces qualités, je suis un peu déçue, car certains faits comme le déni de grossesse de Barbara et ce qui était arrivé à sa mère et à Raoul sont téléphonés et cela m’a un peu déçue. Cela ne m’a pas gâché ma lecture mais j’aurais aimé un peu plus de subtilité.

dedicace sa vie dans les yeux d'une poupee Ingrid Desjours

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2 thoughts on “« Sa vie dans les yeux d’une poupée » de Ingrid Desjours.

  1. marie il y a 3 années

    merci pour ce partage et pour avoir attiré mon attention sur cette auteure !

    1. Magali il y a 3 années

      Merci à toi Marie d’avoir pris le temps de lire mon avis. J’espère que si tu lis un de ses romans ils te plairont aussi. Commence peut être par Potens car il est à mon avis meilleur que celui-ci. Tiens-moi au courant. Bises.:)

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