derriere toute chose exquise

Cette chronique concerne un livre de Sébastien Fritsch, auteur découvert grâce au forum « Have a break, Have a book ». Quand le forum a proposé un autre de ses romans, je me suis inscrite et j’ai eu le bonheur d’être choisie. Cet opus était annoncé comme très différent du premier et j’étais intéressée de voir ce que cela pouvait donner. J’avais adoré « Se retenir aux brindilles » et je n’ai pas été déçue par « Derrière toute chose exquise ».

 

Je remercie le forum et l’auteur de m’avoir fait parvenir ce roman. Et merci à l’auteur pour sa gentille dédicace.

 

 

Le 4e de couverture :

Depuis près de vingt ans, Jonas Burkel photographie toujours la même femme ; seul le prénom change. Mais plus que les brunes longilignes au regard perdu, il semble que son vrai grand amour soit ses habitudes : ses disques de piano jazz, ses errances dans Paris… et ces corps féminins dociles et invariables.

 

La fille qu’il découvre dans un train de banlieue, accrochée à un roman d’Oscar Wilde, semble la candidate idéale pour prolonger la série : il oublie immédiatement son précédent modèle, imagine déjà sa nouvelle conquête devant son objectif, dans des rues sombres, sous la pluie, sous ses draps…

 

L’idée qu’une femme puisse refuser son petit jeu sentimental ne lui traverse même pas l’esprit. Mais comment pourrait-il deviner que, tout comme lui, la lectrice du train n’accepte aucune règle sinon celles qu’elle invente ? Et que tous ceux qui l’approchent doivent s’y plier ; jusqu’à y jouer leur vie.

 

 

 

Ce roman suit une période de la vie de Jonas Burkel, un photographe bien particulier car il photographie toujours la même femme depuis 20 ans. Enfin, non, pas vraiment la même femme, mais le même genre de femme : les grandes brunes longilignes au regard perdu ayant une vingtaine d’années. Il les rencontre toutes à des moments difficiles de leur vie, les aide, les installe dans un hôtel près de chez lui, les photographie et a des relations avec elles quand elles vont mieux, jusqu’à ce qu’il rencontre la prochaine qui remplacera celle qu’il photographie à ce moment-là. Mais il ne les lâche pas comme cela. Il continue de leur payer leur chambre d’hôtel et les met en relation avec un ami qui est directeur d’une agence de mannequins. Dès qu’elles ont du travail et des revenus, elles quittent leur chambre d’hôtel pour s’installer dans un appartement qu’elles peuvent s’offrir. Elles conservent toutes plus ou moins de bonnes relations avec lui. Kelly, une peintre anglaise, est même devenue sa meilleure amie. Par contre, Margot, elle, n’arrive pas à se faire à cette séparation depuis 4 ans et tous les soirs, elle s’installe en face de l’immeuble de Jonas et surveille ses faits et gestes en notant tout sur des petits carnets et en essayant de rentrer dans son immeuble pour lui parler et le convaincre de tout recommencer avec elle, car elle pense être la seule qui pourra le rendre heureux. Quand nous le rencontrons, sa brune du moment s’appelle Emmanuelle. J’ai eu un problème avec elle car je la trouve trop mollasse à mon goût. J’avais envie de lui mettre des claques pour la faire réagir à certains moments.

 

Mais tout bascule le 15 février 1993, dans le train Meaux-Paris  quand il rencontre Nathalie. Il rentre ce dimanche soir d’un week-end chez ses parents pour regagner son appartement parisien où aucune de ses « conquêtes » n’a jamais passé une seule nuit. Elle est en train de lire « Le portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde mais ne semble pas particulièrement aux abois. Elle monte juste à Paris avec un sac de voyage pour commencer une nouvelle vie. Et là, pour la première fois de sa vie, Jonas a le coup de foudre. Mais Nathalie ne sera pas une énième belle brune dans sa vie. Un long jeu de chat et souris commence ainsi qu’une longue descente aux enfers pour Jonas.

 

 

C’est un roman effectivement différent du premier que j’avais lu. Il est plus noir, plus sombre. On voit la vie de Jonas basculer dans une longue descente aux enfers ou une montée vers la folie sans aucun retour en arrière. Sa petite vie bien tranquille bien réglée depuis 20 ans ne sera plus la même et bien qu’il s’en rende compte, il ne peut rien y changer tant il est englué dedans.

L’écriture et le style de l’auteur restent les  mêmes. C’est fluide, il n’y pas de redondances. Les mots et tournures de phrases sont accessibles à tout le monde. C’est un véritable plaisir de lire les textes de Sébastien Friscth car il n’y a pas de temps morts, pas de descriptions trop longues ou inintéressantes. Il nous transporte dans l’histoire et une fois commencé, on ne peut plus s’arrêter tant que l’on n’est pas arrivé à la dernière page. Tout est bien posé, il sait où il va sans perdre son lecteur. Même les moments où il ne se « passe » rien, quand Jonas écoute du jazz en fumant des cigarettes et buvant du Whisky, car il n’a pas de nouvelles de Nathalie par exemple, ne sont pas longs, car ils font partie de Jonas et nous plongent dans son désespoir face à cette histoire qui le ronge.

L’auteur m’a transportée dans cette histoire et je n’ai pas vu la fin arriver. Même si celle-ci me laisse un peu sur ma faim, car il n’y a pas vraiment de réponses ni de conclusion à ce qui lui arrive. Est-ce vraiment Jonas qui a fait cela ou Nathalie ? La question, à mon sens, reste posée.

 

 

J’ai passé un super moment avec ce livre. Je le conseille vivement et je lirais avec plaisir un autre livre de Sébastien Fritsch.

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